dimanche 1 janvier 2012

Réveilloner à Berlin : une communion pétaradante


1er janvier 2012, 11h du matin. 

Berlin s'éveille lentement. Les passants matinaux marchent dans des rues désertes, humides et froides, jonchées de restes de bouteilles de Sekt (mousseux infâme consommé en grande quantité pendant les jours de fête), de feux d'artifices et de pétards en tout genre. Triste spectacle au coeur d'un hiver sans neige que de voir cette boue multicolore constituée d'emballages rouges écarlate et de confettis. Les compagnons indispensables de la fête de la veille semblent ne pas vouloir partir avec l'eau de pluie ruisselante dans les caniveaux, comme si ils voulaient montrer que Berlin demeurera à jamais la ville du no limit quand il s'agit de faire la fête, en 2011 comme en 2012. 

Au vu du panorama urbain que l'on peut avoir aujourd'hui, no est en droit de se demander : une révolte ? Non, un réveillon Sire. 


31 décembre 2011, 22h. 


Les rues explosent, de la Brandenburger Tor à la rue la plus anonyme. Ca et là, elles se peuplent de jeunes européens émêchés, de famille contemplant béatement le spectacle d'un homme grisé lançant en l'air un énorme pétard tout en prenant l'air le plus blasé possible. Au coin de la Dantziger Strasse, des cracheurs de feux, et en plein milieu de la stalinienne Frankfurter Allee, un concours de feux d'artifice improvisé sur la pelouse centrale. Les artères berlinoises, pourtant d'ordinaire trop larges, semblent vomir le flot des noctambules déchaînés.

Le tout dans une atmosphère incontestablement décontractée, sans heurts notables.

Au milieu de la foule, dans le métro comme dans les rasemblements de rue, on entend parler toutes les langues sauf l'allemand, du serbe à l'espagnol en passant par le japonais et le bavarois. Touristes d'un soir, étudiants Erasmus, jeunes autochtones : tout le monde veut en être. 


Ils participent à un véritable concert artisanal de lumières, désirant montrer que la pyrotechnie se passe de formation préalable. A tort parfois : les accidents liés à l'explosion des fameux Böller (les pétards ressemblant le plus à des bâtons de dynamite) ont connu une véritable recrudescence selon le Berliner Morgenpost. Une féerie à hurler de rire pour certains, en particulier pour les non berlinois qui trouvent cela tout à fait bon enfant et jouissif ; pour d'autres un lamentable spectacle de dangerosité et de vacarme assourdissant. La fumée, le verre, la lumière vive, l'odeur de poudre... Les sens sont convoqués en permanence lorsque l'on réveillonne où que ce soit à Berlin. Le plus frappant n'est pas en soi l'usage des pétards, mais leur utilisation massive, par toutes les classes d'âges, avec un certain détachement. 

La face cachée du réveillon


Après cet épanchement de poudre à canon, on retourne se tapir l'intérieur, dans Klub ou chez un bon quidam qui a accepté que l'on redécore gentiment son appartement à coup de boue et de verres de whisky-coca renversés. 

Alors, on danse.


Très heureuse année 2012 à tous :)













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