samedi 14 janvier 2012

Mieux que le café et le Red Bull réunis : le CLUB MATE




Mais qui est donc ce curieux personnage ? La réponse est simple : ce qu'il apporte à la vie nocturne berlinoise est inestimable. 

Je l'ai découvert moi même pour la première fois lors de mon arrivée à Berlin, en visitant les locaux de travail d'un ami allemand. Sur des dizaines de bouteilles étaient disposées à coté de la machine à café (cela a son importance, j'y reviendrai) figurait ce logo, sous lequel figurait le nom de la boisson "CLUB MATE". Des bouteilles oblongues d'un demi-litre, remplies d'un liquide jaune ocre. L'inscription "Mate" me fait vibrer : je revenais tout juste du Pérou où j'avais plusieurs fois goûté le fameux mate de coca, sorte d'infusion que l'on a coutume de boire dans les Andes fait à base de feuilles de coca, boisson chaude énergisante permettant entre autres de soigner le mal d'altitude. Je saisis donc une bouteille et en prend une gorgée : horreur ! Au goût, imaginez que vous mixiez de l'eau gazeuse avec une infusion éco+, et vous connaîtrez certainement le goût du Club Mate. Dédaignant cette boisson pour plusieurs semaines en raison de son goût somme toute assez infâme, j'en restai à mes artifices traditionnels pour rester en forme la journée et la nuit... 

Seulement voilà, je remarquai au bout d'un certain temps que des centaines de personnes à Berlin en consommaient sans modération : étudiants, professeurs, Erasmus en goguette, clubbeurs... pour une raison toute simple : le Club Mate contient 20 mg de caféine pour 100 ml, c'est à dire deux fois plus que dans un coca normal et autant que dans un café. C'est donc un excellent énergisant, plus sain (sans sucre) que toutes les boissons énergisantes bourrées de produits chimiques, et leurs soi-disant effets "excitants" en moins. En clair, le Club Mate réalise une excellente combinaison entre un apport en caféine et une composition saine. 




Dans les bureaux, il aurait tendance à détrôner l'éternelle machine à café, et dans les boîtes de nuit, il est allègrement mélangé avec tous les alcools forts que nous connaissons, de préférence gin ou vodka. En plus de son coté énergisant indéniable qui permet de rester éveiller tard sans empêcher de dormir quand on en a envie (je n'ai pas encore réussi à percer ce mystère....), son prix est extrêmement attractif : 65 centimes d' € les 50 cl ! 
Il aurait même des effets amaigrissants et anti-douleurs. Club Mate, la panacée ?

Quant à ses effets négatifs, ils sont a priori les mêmes que les boissons contenant une dose importante de caféine, donc peu d’inquiétudes à ce niveau-là. 

Le député Pirate de la chambre législative du Land de Berlin Andreas Baum, son Imac et  son Club Mate : tout un symbole...
Partenaire incontournable des longues attentes du métro nocturne
  La caisse de bouteilles (destinée à la consigne bien-sûr - nous sommes en Allemagne) : future remplaçante de la machine  à café et du Red Bull ?

Je ne connais pas le degré de diffusion du Club Mate dans le monde (jamais vu en France, rare ailleurs en Allemagne... je suis preneur de tout témoignage !). Mais on comprend aisément pourquoi elle est devenue la boisson partenaire des nuits berlinoises interminables. Prost !













dimanche 1 janvier 2012

Réveilloner à Berlin : une communion pétaradante


1er janvier 2012, 11h du matin. 

Berlin s'éveille lentement. Les passants matinaux marchent dans des rues désertes, humides et froides, jonchées de restes de bouteilles de Sekt (mousseux infâme consommé en grande quantité pendant les jours de fête), de feux d'artifices et de pétards en tout genre. Triste spectacle au coeur d'un hiver sans neige que de voir cette boue multicolore constituée d'emballages rouges écarlate et de confettis. Les compagnons indispensables de la fête de la veille semblent ne pas vouloir partir avec l'eau de pluie ruisselante dans les caniveaux, comme si ils voulaient montrer que Berlin demeurera à jamais la ville du no limit quand il s'agit de faire la fête, en 2011 comme en 2012. 

Au vu du panorama urbain que l'on peut avoir aujourd'hui, no est en droit de se demander : une révolte ? Non, un réveillon Sire. 


31 décembre 2011, 22h. 


Les rues explosent, de la Brandenburger Tor à la rue la plus anonyme. Ca et là, elles se peuplent de jeunes européens émêchés, de famille contemplant béatement le spectacle d'un homme grisé lançant en l'air un énorme pétard tout en prenant l'air le plus blasé possible. Au coin de la Dantziger Strasse, des cracheurs de feux, et en plein milieu de la stalinienne Frankfurter Allee, un concours de feux d'artifice improvisé sur la pelouse centrale. Les artères berlinoises, pourtant d'ordinaire trop larges, semblent vomir le flot des noctambules déchaînés.

Le tout dans une atmosphère incontestablement décontractée, sans heurts notables.

Au milieu de la foule, dans le métro comme dans les rasemblements de rue, on entend parler toutes les langues sauf l'allemand, du serbe à l'espagnol en passant par le japonais et le bavarois. Touristes d'un soir, étudiants Erasmus, jeunes autochtones : tout le monde veut en être. 


Ils participent à un véritable concert artisanal de lumières, désirant montrer que la pyrotechnie se passe de formation préalable. A tort parfois : les accidents liés à l'explosion des fameux Böller (les pétards ressemblant le plus à des bâtons de dynamite) ont connu une véritable recrudescence selon le Berliner Morgenpost. Une féerie à hurler de rire pour certains, en particulier pour les non berlinois qui trouvent cela tout à fait bon enfant et jouissif ; pour d'autres un lamentable spectacle de dangerosité et de vacarme assourdissant. La fumée, le verre, la lumière vive, l'odeur de poudre... Les sens sont convoqués en permanence lorsque l'on réveillonne où que ce soit à Berlin. Le plus frappant n'est pas en soi l'usage des pétards, mais leur utilisation massive, par toutes les classes d'âges, avec un certain détachement. 

La face cachée du réveillon


Après cet épanchement de poudre à canon, on retourne se tapir l'intérieur, dans Klub ou chez un bon quidam qui a accepté que l'on redécore gentiment son appartement à coup de boue et de verres de whisky-coca renversés. 

Alors, on danse.


Très heureuse année 2012 à tous :)