samedi 25 février 2012

UrbEx Episode 2 : Fabrik am Ostbahnhof

Depuis le temps que je vante les mérites des fabriques industrielles abandonnées dans ce blog, il est temps que je vous en montre une ! A mon sens cette visite synthétisait bien cet attribut incontournable du paysage berlinois. La session d'Urban exploring que je vous présente ici s'est déroulée à deux pas de la gare Ostbahnhof, qui est pourtant l'une des plus importante de Berlin... il est donc assez frappant de trouver ces véritables ruines juste en face d'un bâtiment aussi moderne et fréquenté que la Ostbahnhof. C'est aussi à deux pas du club mondialement connu Berghain. De façon générale, cette ancienne fabrique s'inscrit très bien dans la suite de friches industrielles que l'on trouve le long de la Spree, alternativement reconstruites, reconverties en clubs, en travaux, ou juste abandonnées, comme c'est le cas de celle que j'ai visitée.

Vue d'ensemble 
Encore une fois l'accès n'est pas automatique, même si dans ce cas on n'est pas découragé par d'éventuels avertissements

Un fameux monument berlinois s'est glissé dans cette photo, sauras-tu le reconnaître ?

Premiers chef d'oeuvre, première pensée philosophique


Visiter une ancienne fabrique, c'est toujours emprunter ce genre d'escaliers métalliques rouillés menant vers l'infini et l'au-delà... 









La récompense de toute expédition urbaine de ce type : un point de vue qui sort de l'ordinaire avec une bonne bière à la clé

La Spree avec le Oberbaumbrücke au fond
Friche au premier plan, Rotes Rathaus dans le fond (le siège de la mairie de Berlin)



L'intérieur de la petite tour que vous avez pu voir précédemment

La crise du logement...

Bucolique ?

Ce qui ressort de cette fabrique est cette fois l'abandon total du site. Mis a part quelques mécanismes, on ne retrouve plus rien d'une quelconque activité passée, contrairement à la brasserie abandonnée que j'avais visité plusieurs mois auparavant. Là-bas étaient restés vêtements, posters de la marque de bière, tableaux, appareils électro-ménagers... A l'instar du parc d'attraction, comme si les occupants avaient du fuir devant une menace quelconque.
L'impression que l'on retire de cette fabrique est différente. Mi-galerie d'art, mi-local pour barbecue, on a le sentiment d'un oubli presque volontaire de la part des aménageurs. Pour combien de temps ?

La morale de l'histoire :

vendredi 10 février 2012

UrbEx Episode 1 : Spreepark

Je fais revivre un peu mon blog par un petit panorama d'urban exploring que j'ai entrepris il y a une semaine.
Berlin est devenue un spot reconnu de cette activité souvent illégale, avec ses nombreuses friches industrielles et bâtiments abandonnés à la hâte après la chute du Mur, et jamais réinvestis par manque de moyens financiers...

Le parc d'attraction Spreepark, situé en plein coeur du Treptower Park, fait partie de ce phénomène.

On y accède en traversant l'intégralité du Treptower Park, très apprécié des Berlinois pour ses Biergarten et ses immenses pelouses. Longé par la Spree, cette dernière est actuellement gelée, ce qui donne des allures moscovites à la métropole :

- 15°C au soleil...



La forêt ne laisse pas deviner l'existence d'un parc d'attraction, bien que la grande roue soit visible depuis le parc. A la lisière on distingue enfin la première attraction, plutôt singulière, qui se trouve derrière des grilles rouillées et déjà franchies plusieurs fois en dépit de l'interdiction : 

Une Berliner Pilsener pour celui qui me donne la fonction la plus loufoque que pourrait avoir cette ravissante structure  
Le Spreepark (auparavant Kulturpark Plänterwald) a été construit en 1969, et est demeuré le seul parc à thème de ce genre de toute l'Allemagne de l'Est - d'où ses 1,7 millions de visiteurs par an. Il s'étend sur 30 hectares, et rassemblait également des infrastructures de restauration en plus de ces attractions qui ont fait le bonheur de ceux qui auraient dû bâtir le socialisme de demain (au lieu de bâtir un Mur...). 
Le parc est tout de même resté en activité après la Réunification, jusqu'en 2001 où la société d'exploitation est tombée en faillite - celle-ci reste endettée à hauteur de 11 millions d'euros. 
Interesting fact : après la fermeture, le propriétaire a fait transporté 6 attractions du parc par container pour les réinstaller à Lima au Pérou. Son entreprise ayant échoué, il tenta de revenir en Allemagne avec 167 kilos de cocaïne cachés dans la structure du manège "le Tapis Volant"... qui furent saisis à la douane, et pour lesquels il écopa de 7 ans de prison.

Voilà à quoi ressemble désormais l'entrée principale du parc d'attraction


La voie ferrée miniature qui encercle le parc  
Le Riesenrad

La grille que nous nous sommes fait une joie d'escalader 

Evidemment l'accès au Spreepark est théoriquement interdit...
Référence aux gardiens qui étaient censés nous tomber dessus pour infraction dans une propriété privée



10 sous pour rentrer dans ce chef d'oeuvre de carton-pâte d'ex-RDA



"Who cares? Be poor...": je vous laisse méditer



Maintenant on sait pourquoi les dinosaures ont disparu  


Fantaisie du socialisme... 

Le clou du spectacle : le grand Splash, peu fonctionnel à l'heure actuelle


Quel avenir pour ces belles infrastructures ? Nombre de projets ont été envisagés (extension, remise en service, conversion en parc d'aventures...), mais aucune n'a pour l'instant abouti, si ce n'est que le parc est souvent mis à disposition des écoles de cinéma pour la réalisation de court-métrages. 
Mais comme souvent après la visite de ce genre de site, c'est toujours cette impression que les employés du parc et les visiteurs ont subitement délaissé l'endroit pour fuir devant une menace invisible, ce qui renforce, il faut bien le dire, l'aspect mélancolique et plutôt sinistre du parc.